Une voile n'avance pas parce que le vent la frappe : elle génère de la portance grâce à la différence de pression entre ses deux faces. Mesurer cette différence, point par point sur le tissu, revient à lire le travail réel de la voile. C'est le principe physique sur lequel SailSensor est construit.
SailSensor Pressure Découvrez le système
Une voile au vent fonctionne comme l'aile d'un avion placée à la verticale. Le flux d'air qui l'attaque se divise en deux : sur la face sous le vent (la face convexe, à l'abri de la direction d'où vient le vent) l'air accélère et la pression chute, générant une dépression ; sur la face au vent (concave) l'air ralentit et la pression augmente, générant une surpression.
La force qui en résulte — la portance — est la conséquence directe de ce déséquilibre. En termes rigoureux, la poussée aérodynamique est l'intégrale de la différence de pression entre les deux faces étendue à toute la surface de la voile. Là où la différence est grande, la voile travaille beaucoup ; là où elle s'annule, cette portion de toile ne produit pas de poussée ou est proche du décrochage.
Mesurer la pression sur une seule face de la voile dit peu de chose : ce nombre dépend de l'altitude, de la vitesse du vent, de la position le long de la chute, et n'isole pas la contribution qui génère réellement la poussée. Ce qui décrit le travail de la voile, c'est la différence entre le côté au vent et le côté sous le vent, relevée au même point et au même instant.
C'est cette grandeur — la pression différentielle locale — qui constitue le signal physique indiquant combien et où la voile charge. Relevée en plusieurs points, elle dessine une véritable carte de la charge aérodynamique : le portrait objectif de la façon dont le tissu travaille, instant après instant.
Les instruments traditionnels du bateau mesurent tout autour de la voile, jamais la voile elle-même. L'anémomètre raconte le vent apparent en tête de mât ; le GPS raconte la trajectoire et la vitesse sur l'eau ; les capteurs d'angle racontent la position des accastillages. Ce sont des données précieuses, mais indirectes : elles décrivent l'environnement et le résultat, non le travail du profil vélique qui produit ce résultat.
Jusqu'à aujourd'hui, la charge aérodynamique sur la voile était estimée à l'œil du régatier, d'après la forme des penons, d'après la sensibilité de celui qui tient la barre et les écoutes. SailSensor déplace la mesure de l'environnement vers la surface : il porte le capteur directement sur la voile et le fait sous forme différentielle, saisissant exactement la grandeur qui génère la poussée. C'est une approche distinctive et brevetée, qui ouvre un territoire de mesure que les instruments conventionnels ne touchent pas.
Le principe est clair ; le défi est de le mesurer sans altérer ce que l'on mesure. SailSensor le résout avec des capteurs compacts et surbaissés qui lisent la pression différentielle directement sur le tissu, en réduisant au minimum la perturbation du flux.
Les capteurs s'appliquent sur la surface vélique sans trous ni dommages, et se retirent sans intervention invasive.
Chaque capteur transmet la pression différentielle par BLE, sans câbles le long de la voile ni sur le gréement.
L'application SailSensor pour Android (version iOS en développement) transforme les relevés en une carte de pression lisible pendant la navigation.
Le résultat est une donnée objective et reproductible. Là où il n'y avait qu'une sensation, il y a désormais une grandeur mesurée : on peut comparer un réglage à un autre, retrouver l'assiette qui fonctionne et comprendre quelle partie de la voile rend le mieux. Le réglage cesse d'être uniquement de l'expérience et devient aussi de la mesure.